StandOut
Marketing de l'innovation••20 min

Comment construire la stratégie go-to-market d’une startup ?

Présentation d'une stratégie go-to-market pour une start-up par sa fondatrice lors d'un événement

Vos premiers clients, vous les connaissez tous. Un ancien collègue, un industriel rencontré sur un salon, un laboratoire partenaire, le directeur innovation qui a cru en vous dès la démo.

Puis le réseau s’épuise.

Les rendez-vous se raréfient, les pilotes s’éternisent et le prochain investisseur pose la question qui fâche : “Et votre go-to-market ?”

Vous n’êtes pas seul. Dans les startups que nous accompagnons, c’est souvent à ce moment-là que le sujet arrive sur la table. Un peu tard, en général.

Une stratégie go-to-market (GTM) est le plan qui définit à qui une startup vend en premier, avec quelle offre, à quel prix, par quels canaux et avec quels objectifs mesurables.

Vous vous demandez peut-être :

  • ce qui la distingue d’un plan marketing ou d’un business plan ;
  • par quel marché commencer quand votre technologie peut servir dix secteurs ;
  • s’il faut recruter des commerciaux tout de suite ;
  • comment elle doit évoluer entre l’amorçage et la série A.

Dans cet article, on répond à ces questions pour les start-ups que nous avons coutume d’accompagner : deeptech, greentech, healthtech ou SaaS, qui doivent trouver leurs premiers clients avec une équipe réduite et une trésorerie comptée.

 

Qu’est-ce qu’une stratégie go-to-market ?

Le terme vient de l’anglais go to market, littéralement « aller sur le marché ». En français, on parle aussi de stratégie de mise sur le marché. Elle décrit comment un produit passe du stade « ça marche » au stade « ça se vend ».

 

Une définition utile pour une startup

Les définitions courantes parlent du lancement d’un nouveau produit par une entreprise installée. Pour une startup, l’enjeu est plus large : c’est souvent l’entreprise elle-même que vous lancez !

Une stratégie go-to-market répond à six questions :

  1. Quel marché attaquez-vous en premier ?
  2. Quel client précis et qui décide chez lui ?
  3. Quelle valeur lui apportez-vous, par rapport à ce qu’il fait aujourd’hui ?
  4. Quel prix et quel modèle économique ?
  5. Par quels canaux le trouvez-vous et qui vend ?
  6. Quels indicateurs vous diront que ça fonctionne ?

Chaque réponse conditionne la suivante. Un prix élevé impose une vente accompagnée. Une vente accompagnée impose un client qui en vaut la peine. Et ce client impose un marché assez précis pour être trouvé.

Le go-to-market n’est pas une liste d’actions marketing : c’est un ensemble de choix cohérents et donc de renoncements.

Concrètement, il fait le pont entre votre stratégie marketing et votre stratégie commerciale. Puis il se traduit en un plan d’action opérationnel : qui fait quoi, quand et avec quel budget.

 

Stratégie go-to-market, plan marketing, business plan : quelles différences ?

Ces notions sont souvent confondues, y compris dans les decks présentés aux investisseurs. Elles ne répondent pourtant pas à la même question.

Notion Question à laquelle elle répond Horizon Qui l’utilise
Stratégie go-to-market Comment atteindre nos premiers clients, puis les convertir de façon reproductible ? Un lancement, un nouveau marché, une nouvelle offre Fondateurs, équipe commerciale
Plan marketing Quelles actions mener pour gagner en notoriété et générer des prospects ? Une année, un trimestre Équipe marketing
Business plan Comment l’entreprise va-t-elle créer de la valeur et devenir rentable ? Trois à cinq ans Investisseurs, banques, associés
Lancement produit Comment présenter cette nouveauté au marché, à une date donnée ? Quelques semaines Marketing, communication
Product-market fit Le produit répond-il à un besoin assez fort pour que le marché le réclame ? Un état à atteindre Toute l’entreprise

Le business plan dit où vous voulez aller. Le go-to-market dit par quel chemin. Quant à l’adéquation produit-marché (product-market fit), c’est le moment où des clients achètent et recommandent votre produit sans que vous ayez à forcer : le go-to-market est le chemin pour y arriver.

 

Pourquoi la stratégie go-to-market d’une startup est différente ?

Parce qu’une start-up part de zéro. Les guides commerciaux décrivent souvent une entreprise installée qui lance un produit de plus, avec une marque, des clients, une force de vente et un budget. Vous n’avez rien de tout cela.

 

Vous partez sans marque ni références

L’acheteur qui signe avec un grand groupe ne prend aucun risque personnel.

Avec vous, si.

Il se demande si vous serez encore là dans trois ans et si votre produit tiendra en production.

Votre go-to-market doit donc prévoir comment réduire le risque perçu : pilote encadré, garanties, partenaires reconnus, premières références. C’est vrai pour une medtech qui vend à des hôpitaux comme pour une deeptech qui doit passer la qualification fournisseur d’un donneur d’ordre.

 

Votre trésorerie fixe le tempo

Chaque mois passé à chercher des clients se paie en trésorerie et chaque trimestre sans traction complique la prochaine levée. Dans une analyse publiée en 2026 par CB Insights, portant sur plus de 400 startups financées par du capital-risque et fermées depuis 2023 :

  • 70 % avaient épuisé leur capital, mais c’est presque toujours la cause finale, pas le problème de fond ;
  • 43 % souffraient d’une faible adéquation produit-marché.

Autrement dit, beaucoup de startups ne meurent pas d’un mauvais produit. Elles meurent de ne pas avoir trouvé assez vite qui l’achète.

 

Votre marché n’existe parfois pas encore

Quand vous inventez une catégorie, personne ne cherche votre solution. Il n’y a ni budget prévu, ni acheteur habitué.

Les premiers acheteurs d’une technologie nouvelle, les early adopters, aiment la nouveauté et acceptent un produit imparfait. La majorité du marché, plus pragmatique, attend des références de ses pairs et un fournisseur solide.

Entre les deux, il y a un fossé.

Beaucoup de startups le découvrent après leurs dix premiers clients. Le remède : concentrer ses forces sur un segment étroit, le dominer, puis s’en servir d’appui pour le suivant.

 

Vos investisseurs vont le juger

Un fonds d’amorçage accepte une hypothèse de go-to-market. Un fonds de série A veut voir qu’elle a été vérifiée. Votre plan sert donc deux fois : pour vendre et pour réussir votre levée de fonds.

 

Comment construire la stratégie go-to-market d’une startup, étape par étape ?

Pour définir une stratégie go-to-market solide, comptez 8 étapes, dans cet ordre.

Désolé, nous n’avons pas de recette miracle mais les start-ups que nous avons vues réussir leur mise sur le marché ont presque toutes suivi ce chemin.

Elaboration de la stratégie go-to-market pour une startup

 

1 – Choisissez un marché tête de pont

Votre technologie peut servir l’aéronautique, l’énergie, la santé et l’agroalimentaire.

C’est un atout pour votre levée de fonds mais c’est un piège pour votre go-to-market.

Le marché tête de pont (beachhead market) est le premier segment sur lequel vous concentrez tous vos efforts. Il doit être assez petit pour que vous puissiez y devenir la référence et assez proche d’autres segments pour servir de tremplin. C’est votre premier choix de ciblage et le plus structurant.

Pour le choisir, comparez vos segments possibles sur cinq critères :

  • l’intensité du problème : le client souffre-t-il assez pour changer ses habitudes ?
  • la capacité à payer : a-t-il un budget, ou peut-il en débloquer un ?
  • l’accès : pouvez-vous joindre les décideurs, directement ou par votre réseau ?
  • la durée du cycle de vente : signera-t-il en trois mois ou en deux ans ?
  • l’effet de référence : un client gagné ici en convaincra-t-il d’autres ?

Exemple pour une startup greentech :
Imaginez une start-up qui a mis au point un capteur de suivi de la qualité de l’eau.

  • Les collectivités forment un marché énorme, mais elles achètent par appels d’offres, avec des cycles très longs.
  • Les sites industriels soumis à des obligations de rejet ont un problème plus urgent, un budget et leurs responsables environnement se parlent entre eux.

Pour démarrer, le second segment est le meilleur.

Une fois le segment choisi, dimensionnez-le avec la méthode TAM/SAM/SOM :

  • le TAM (Total Addressable Market), le marché total ;
  • le SAM (Serviceable Available Market), la part que votre offre peut réellement servir ;
  • le SOM (Serviceable Obtainable Market), celle que vous pouvez raisonnablement conquérir à court terme.

C’est le dernier chiffre qui guide votre go-to-market, pas le premier.

 

2 – Décrivez votre client idéal et ceux qui décident

Avant de prospecter, il faut savoir précisément qui cibler : dans votre marché tête de pont, tous les clients ne se valent pas. Le profil client idéal, ou ICP (Ideal Customer Profile), décrit l’entreprise qui a le plus de chances d’acheter vite et de rester : sa taille, son secteur, sa maturité technique, la situation qui déclenche son besoin.

En B2B (ou BtoB), une entreprise n’achète pas, des personnes achètent pour elle. Une startup qui vend un logiciel de maintenance prédictive à un sous-traitant aéronautique rencontrera au minimum :

  • l’utilisateur, le responsable maintenance, qui veut un outil fiable et simple ;
  • le prescripteur technique, DSI ou responsable qualité, qui vérifie l’intégration et la sécurité ;
  • le décideur, le directeur de site, qui arbitre entre ce projet et les autres ;
  • les achats, qui comparent, négocient et référencent le fournisseur.

Chacun a ses critères et ses objections. Le persona marketing permet de les décrire précisément et de savoir quoi dire à qui. Décrivez aussi le parcours d’achat, de la démonstration au déploiement : chaque étape est une occasion de perdre le client.

 

3 – Formulez votre proposition de valeur et votre positionnement

La proposition de valeur dit à un client précis quel résultat il obtient, en quoi c’est mieux que ce qu’il fait aujourd’hui et pourquoi il peut vous croire. Le positionnement dit quelle place vous occupez sur votre marché et face à qui.

Pour les définir, une étude de marché légère suffit souvent au départ : quelques entretiens approfondis avec des prospects et une analyse de vos concurrents. Sans oublier le premier d’entre eux, le statu quo, c’est-à-dire ce que votre client fait aujourd’hui sans vous.

Pour une startup, le choix décisif est souvent celui-ci : vous inscrire dans une catégorie existante, ou en créer une nouvelle ?

  • S’inscrire dans une catégorie connue rassure l’acheteur et facilite sa recherche, mais vous place d’emblée dans un paysage concurrentiel déjà occupé.
  • Créer une catégorie vous rend unique, mais vous oblige à éduquer le marché, ce qui coûte du temps et de l’argent.

La plupart des startups ont intérêt à partir d’une catégorie que l’acheteur connaît, puis à s’en distinguer par un point précis. “Un logiciel de maintenance qui anticipe les pannes de vos machines” se comprend en une seconde. “Une plateforme d’intelligence prédictive des actifs industriels” demande une explication.

 

4 – Fixez votre prix et votre modèle économique

Dans le mix marketing, le prix est souvent le levier que les startups fixent en dernier. À tort : il détermine qui peut acheter, qui doit valider l’achat et donc la manière de vendre. Plusieurs modèles sont possibles :

  • la vente d’un équipement ou d’une licence, qui rapporte beaucoup mais une seule fois ;
  • l’abonnement, pour un logiciel ou un équipement proposé « as a service », plus facile à faire accepter et plus prévisible ;
  • la facturation à l’usage, qui aligne votre revenu sur la valeur créée chez le client ;
  • le modèle hybride, par exemple un équipement vendu et un logiciel par abonnement.

Pour fixer le niveau, partez de la valeur pour le client, pas de vos coûts. Si votre solution évite à un industriel des arrêts de production qui lui coûtent des centaines de milliers d’euros par an, un prix calé sur votre coût de revient vous fait perdre de l’argent et de la crédibilité.

Pour un acheteur B2B, un prix trop bas n’est pas un argument : c’est souvent un signal de risque.

 

5 – Choisissez votre modèle de vente

Le modèle de vente découle du prix et de la complexité de votre offre. On en distingue trois grands types.

Modèle Principe Quand l’utiliser Exemple
Libre-service Le client découvre, essaie et achète seul, en ligne Offre simple, prix faible, décision individuelle Un outil SaaS pour les équipes marketing des PME
Vente assistée Un commercial accompagne une démonstration ou un essai Offre de complexité moyenne, quelques décideurs Un logiciel métier pour des bureaux d’études
Vente grands comptes Cycle long, comité d’achat, pilote et négociation Offre complexe, prix élevé, enjeu stratégique Une solution de stockage d’énergie pour un site industriel

Les start-ups deeptech, medtech ou industrielles relèvent presque toujours de la croissance tirée par la vente (sales-led growth), où les commerciaux ouvrent les portes, plutôt que de la croissance tirée par le produit (product-led growth). Leur produit ne s’essaie pas en trois clics.

Pensez aussi aux partenaires : intégrateurs, distributeurs, industriels qui intègrent votre composant dans leur propre produit (on parle d’OEM, pour Original Equipment Manufacturer).

Attention, un partenaire ne vend bien qu’un produit qui se vend déjà : au démarrage, il ne remplace pas votre effort commercial.

 

6 – Misez sur un ou deux canaux d’acquisition

La tentation est d’être partout : LinkedIn, salons, référencement, publicité, newsletters, webinaires.

Or, on le voit trop souvent mais avec une équipe de cinq personnes, c’est le meilleur moyen de ne rien faire bien.

Choisissez un ou deux canaux, ceux que fréquentent vraiment vos clients idéaux et tenez-les assez longtemps pour juger :

  • la prospection commerciale directe (appels, emails, LinkedIn), quand vous pouvez identifier vos cibles par leur nom ;
  • les salons professionnels, incontournables dans l’industrie, l’énergie ou la santé ;
  • l’inbound marketing : votre site internet, des contenus optimisés sur les mots-clés que tapent vos clients, des webinaires. Il construit une crédibilité durable mais demande plusieurs mois ;
  • l’écosystème (pôles de compétitivité, clusters, incubateurs), qui ouvre des portes difficiles à forcer autrement ;
  • le marketing des comptes ciblés, ou ABM (account-based marketing), qui concentre les efforts sur une liste courte de grands comptes.

Mesurez le retour sur investissement de chaque canal avant d’en ouvrir un nouveau. Une stratégie de communication pour startup bien cadrée vous aide à arbitrer entre ces canaux et à leur consacrer le bon budget.

 

7 – Vendez vous-même et construisez vos preuves

Au démarrage, les meilleurs vendeurs de votre startup, ce sont les fondateurs. On parle de vente portée par les fondateurs (founder-led sales).

Pourquoi ?

Parce que vous êtes les seuls à pouvoir ajuster l’offre en direct, répondre aux objections techniques et entendre ce que le marché vous dit vraiment. Un commercial recruté trop tôt récite le discours qu’on lui a donné. Un fondateur apprend de chaque refus.

Pas besoin de maîtriser toutes les techniques de vente pour cela. Il faut surtout prospecter avec méthode, écouter plus que parler et poser les bonnes questions.

Ces premières ventes servent aussi à réunir les preuves qui vous feront franchir le gouffre :

  • des pilotes payants, avec des critères de réussite fixés au départ et une décision prévue à la fin. Même un montant symbolique change tout : un client qui paie s’implique et tranche, un client qui teste gratuitement peut tester indéfiniment ;
  • des cas clients chiffrés et publiables, avec l’accord du client ;
  • des certifications et qualifications : marquage CE pour une medtech, normes sectorielles, référencement fournisseur ;
  • des partenaires reconnus (laboratoires, industriels, acteurs publics) qui prêtent leur crédibilité à la vôtre.

Une fois ces preuves réunies, outillez votre discours : un sales deck bien construit et un argumentaire commercial partagé permettent à d’autres que vous de vendre.

 

8 – Mesurez, ajustez, puis passez à l’échelle

Un go-to-market reste une hypothèse tant qu’il n’a pas été vérifié. Au démarrage, suivez surtout :

  • le taux de conversion à chaque étape du parcours : rendez-vous, démonstration, pilote, contrat ;
  • la durée du cycle de vente, du premier contact à la signature ;
  • la valeur moyenne des contrats ;
  • la rétention : vos clients renouvellent-ils, étendent-ils leur usage ? Conquérir de nouveaux clients coûte cher : savoir fidéliser les premiers est l’un des meilleurs signaux de product-market fit.

Pour suivre ces chiffres, installez un CRM, un logiciel de gestion de la relation client, dès les premiers rendez-vous. Un outil simple et bien tenu vaut mieux qu’un tableur éparpillé entre trois fondateurs.

Le coût d’acquisition client (CAC) et la valeur vie client (LTV, pour Lifetime Value) viendront plus tard : les calculer sur dix clients n’a pas beaucoup de sens.

Revoyez votre plan d’actions chaque trimestre. Renforcez le segment qui signe plus vite que prévu, abandonnez le canal qui ne produit rien dans le délai fixé.

Reste la question qui revient toujours : quand recruter le premier commercial ? Quand vous avez assez vendu vous-même pour savoir expliquer pourquoi vos clients achètent. Pas avant.

Infographie : comment créer la stratégie go-to-market d'une start-up en 8 étapes

 

Comment la stratégie go-to-market évolue avec le stade de la startup ?

Il n’y a pas un go-to-market, mais une succession. Ce qui fonctionne à l’amorçage devient un frein à la série A et inversement.

Stade Objectif du go-to-market Qui vend Ce qu’on mesure
Amorçage, avant le product-market fit Trouver le segment et l’offre qui accrochent Les fondateurs Retours clients, pilotes signés, premiers contrats
Après le product-market fit Rendre la vente reproductible Les fondateurs et les premiers commerciaux Taux de conversion, durée du cycle, rétention
Série A et au-delà Accélérer et ouvrir de nouveaux segments Une équipe commerciale et marketing structurée CAC, LTV, croissance du revenu

 

Avant le product-market fit : apprendre

Vous testez des segments, des messages, des prix et vous gardez ce qui marche. Le budget marketing reste modeste : la ressource rare, c’est le temps des fondateurs.

De notre expérience, cette phase dure souvent de six à dix-huit mois pour une start-up B2B. Elle s’allonge en deeptech ou en medtech, où la réglementation et les qualifications ajoutent leurs propres délais.

 

Après le product-market fit : rendre la vente reproductible

Vous savez qui achète et pourquoi. L’enjeu devient de le refaire sans dépendre des fondateurs : documenter le processus de vente, recruter un ou deux commerciaux, construire les outils. Le marketing automation trouve aussi sa place : des séquences d’emails qui gardent le contact avec les prospects pas encore prêts à acheter.

C’est aussi le moment de professionnaliser votre marque. Face aux acteurs installés que vous affrontez désormais, une plateforme de marque claire rassure les comités d’achat.

 

À partir de la série A : passer à l’échelle

Les fonds levés permettent d’investir dans une équipe, plusieurs canaux, de nouveaux segments ou de nouveaux pays. Mais chaque nouveau segment appelle son propre go-to-market. Le gouffre ne se franchit pas une fois pour toutes.

 

Quelles erreurs font échouer la stratégie go-to-market d’une startup ?

 

Vouloir vendre à tout le monde

“Notre solution s’adresse à tous les industriels.”

C’est rassurant à écrire et désastreux à exécuter. Vos messages restent flous et vous n’obtenez de référence forte nulle part.

Résultat : chaque prospect vous demande “qui, dans mon secteur, l’utilise déjà ?” et vous n’avez pas de réponse.

 

Vendre votre technologie plutôt que le problème résolu

Votre client n’achète pas une technologie. Il achète un gain de temps, une économie, une sécurité, une conformité.

Une start-up photonique qui présente “un rendement optique record” intéressera un chercheur. Celle qui promet “de réduire la consommation électrique de vos baies de serveurs” intéressera un directeur d’exploitation.

 

Disperser vos efforts sur trop de canaux

Un salon par mois, une campagne LinkedIn, un blog, un mailing, de la publicité.

Au bout de six mois, aucun canal n’a reçu assez d’attention pour donner un résultat lisible.

Vous ne savez pas ce qui marche et vous ne pouvez donc pas y investir.

 

Recruter des commerciaux avant d’avoir une vente reproductible

C’est l’erreur la plus coûteuse. Un commercial recruté avant que les fondateurs aient compris pourquoi les clients achètent échoue presque toujours. Pire : son échec est souvent pris pour la preuve que le marché n’existe pas.

 

Copier la stratégie go-to-market d’une autre startup

Les stratégies marketing d’une start-up SaaS ou d’un site e-commerce (essai gratuit, vente en ligne, campagnes d’emailing massives) ne s’appliquent pas à celle qui vend un électrolyseur ou un dispositif médical. Un go-to-market se déduit de votre client, de votre prix et de votre produit, pas du dernier post LinkedIn d’un fondateur à succès.

 

Deux exemples de go-to-market réussi chez les startups françaises

 

Lydia : un campus avant un pays

Logo Lydia

Le défi

En 2013, le paiement mobile entre particuliers est quasi inexistant en France. Pour qu’une telle application soit utile, il faut que vos proches l’aient aussi. Sans réseau, elle ne sert à rien.

 

La réponse

Lydia, cofondée par Cyril Chiche et Antoine Porte, lance sa première version en juillet 2013. Selon son cofondateur, l’adoption se fait « d’abord sur les campus étudiants ».

Le choix de ce marché tête de pont est logique : des communautés denses, où l’on se rembourse sans cesse un taxi ou un repas et des associations qui encaissent cotisations et places d’événements.

En mars 2015, l’application revendique plus de 100 campus français, où elle sert à payer à la cafétéria, au bureau des élèves ou aux associations et à se rembourser entre étudiants. “Fais-moi un Lydia” devient une expression courante.

Une fois ce premier segment conquis, l’effet de réseau fait le reste : les étudiants deviennent de jeunes actifs et emportent l’application avec eux. En 2024, Lydia revendique 8 millions d’utilisateurs et lance Sumeria, son application bancaire.

 

L’enseignement

Le bon marché tête de pont n’est pas forcément le plus grand, mais celui où votre produit se diffuse le plus vite.

Pour une solution qui dépend d’un effet de réseau, une communauté dense vaut mieux qu’un marché large.

 

Pasqal : des partenaires avant des clients

Logo Pasqal

Le défi

Pasqal, fondée en 2019 par Georges-Olivier Reymond, Antoine Browaeys et Alain Aspect, futur prix Nobel de physique, développe des ordinateurs quantiques à atomes neutres. Ses clients potentiels ne savent pas encore à quoi l’informatique quantique leur servira et la technologie n’est pas mature. Impossible de vendre une machine sur catalogue.

 

La réponse

Pasqal construit son go-to-market en trois temps.

  • Co-développer des cas d’usage avec de grands comptes. Avec Crédit Agricole CIB, la collaboration commence dès 2019 sur la mesure du risque de crédit et l’optimisation de portefeuilles. En juin 2026, les deux partenaires annoncent passer à l’industrialisation, avec de premiers usages en production prévus dès 2028.
  • Vendre ses premières machines aux centres de calcul publics. En juin 2024, Pasqal livre son premier processeur quantique à un client : GENCI et le CEA, dans le cadre d’un projet européen de calcul hybride. Une seconde machine est destinée au centre de recherche de Jülich, en Allemagne (Pasqal).
  • Signer un client industriel d’ancrage. Avec Aramco, un accord signé en 2024 aboutit à l’installation d’une machine de 200 qubits fin 2025, puis au lancement en 2026 d’un service d’accès à distance dans le cloud.

Fin août 2026, Pasqal fait son entrée au Nasdaq en revendiquant sept machines déployées.

 

L’enseignement

Quand le marché n’existe pas encore, le go-to-market commence par des partenaires qui achètent un apprentissage, pas un produit fini. Les premiers clients d’une deeptech financent souvent la découverte des usages et ce sont ces usages qui convainquent les suivants.

 

En résumé

Une stratégie go-to-market ne dit pas tout ce que vous pourriez faire : elle dit ce que vous allez faire en premier et ce que vous allez laisser de côté.

Pour une startup, la difficulté n’est pas de trouver des idées de canaux ou de segments. C’est de renoncer à la plupart d’entre eux pour concentrer une équipe réduite et une trésorerie comptée sur le marché où elle peut gagner vite.

Pour élaborer une stratégie qui tienne, le premier pas est simple : listez vos segments possibles, évaluez-les et choisissez-en un. Un seul.

Si vous souhaitez cadrer votre stratégie go-to-market, choisir votre marché tête de pont ou construire le discours qui fera signer vos premiers clients, StandOut peut vous accompagner. Nous aidons les startups innovantes à convaincre leurs clients et à lancer leur marque.

Le marché ne viendra pas à vous. Allez-y, mais par la bonne porte.

Questions fréquentes

En une ou deux slides, qui répondent à quatre questions :

  • quel marché vous attaquez en premier, et pourquoi celui-là ;
  • comment vous vendez : modèle de vente, canaux, partenaires ;
  • ce que vous avez déjà prouvé : pilotes, contrats, taux de conversion ;
  • ce que vous visez avec les fonds levés, avec des objectifs chiffrés.

Pour le reste de la structure, voir notre guide pour créer un pitch deck de startup.

Le go-to-market définit la stratégie d’accès au marché : la cible, l’offre, le prix, le modèle de vente, les canaux. Le growth marketing est une méthode d’exécution, qui consiste à tester rapidement des leviers d’acquisition et de rétention pour accélérer la croissance.

Le premier vient avant le second. Optimiser l’acquisition sans savoir à qui vous vendez revient à accélérer sans savoir où vous allez.

Au démarrage, un fondateur, et idéalement le CEO. Le go-to-market engage la cible, le produit, le prix et le recrutement : ce sont des décisions de direction générale.

Le CTO y contribue directement, surtout en deeptech, car il répond aux objections techniques. Plus tard, un responsable commercial ou un directeur marketing peut en prendre la charge, une fois la vente devenue reproductible.

Oui, au moins en partie. Votre proposition de valeur peut rester la même, mais beaucoup d’éléments changent d’un pays à l’autre :

  • les acheteurs et leurs habitudes ;
  • la réglementation et les certifications ;
  • les canaux et les partenaires de distribution ;
  • le niveau de prix acceptable.

Traitez chaque pays comme un nouveau marché tête de pont, avec ses propres premières références.

Une place réelle, mais rarement la première quand la vente est complexe. En B2B, une stratégie digitale vient en appui de la vente, pas à sa place.

  • Votre site internet doit dire en quelques secondes à qui vous vous adressez et quel problème vous résolvez : c’est la première page que consulte un prospect après un rendez-vous.
  • L’inbound marketing (articles, guides, référencement sur les mots-clés de vos clients) attire des prospects qualifiés, mais demande plusieurs mois.
  • L’emailing et le marketing automation entretiennent le lien avec les prospects pas encore prêts à acheter, une fois votre message validé.
  • Le CRM relie le tout et suit la relation client, de la prospection à la fidélisation.

Avant le product-market fit, gardez ces outils simples : chaque heure passée à les configurer est une heure de moins pour vendre.

StandOut

StandOut

Toutes les semaines, l'équipe de StandOut publie des conseils pour vous permettre de rendre votre marque incontournable.

Dans la même catégorie

Il est temps qu'on discute.

On répond dans les 24h ouvrées.

Nous écrire